L’enquête de 2010 : Femme Fontaine

Pourquoi un livre sur le plaisir féminin ? Il semblerait que beaucoup de femmes passent à côté du plus profond orgasme par faute d’informations. Les informations de ce livre ont d’abord été rassemblées sur un site internet en 2010 qui n’existe plus où un questionnaire était proposé aux femmes afin de faire avancer les recherches et de confirmer ou non certaines hypothèses. Deux cent femmes y ont répondu, je les remercie, ce livre est pour elles.

Aujourd’hui personne encore ne peut expliquer le fonctionnement complet de ce que l’on a coutume d’appeler les  » éjaculations féminines » ou les « femmes-fontaines ». Aucune étude scientifique ni aucune étude épidémiologique véritable n’est venue identifier clairement ce phénomène des femmes fontaines, qui semble cependant concerner un nombre relativement important de femmes.

Dans un premier temps il convient de tordre le cou à certaines idées reçues :

Le point G ou la prostate féminine est-il la source de « l’éjaculation féminine » ?

Non récemment il a été démontré que le liquide expulsé provient de la vessie mais que ce liquide est extrêmement dilué. 

Beaucoup de médias alimentent le mythe de l’éjaculation féminine, la pornographie en premier lieu, mais aussi la littérature de vulgarisation. Ainsi une masse d’articles incohérents se retrouvent dans nos librairies, nos revues se targuant en bonne couverture de détenir la clé du plaisir sexuel et d’avoir réponse à toutes nos questions. Le sexualité intrigue, fait vendre. Déborah Sundahl auteure du best-seller : Tout savoir sur le point G et les éjaculations féminines, et autoproclamée spécialiste des éjaculations féminines, organise des ateliers payants afin d’aider les femmes à trouver leur point G et à « éjaculer ». Alors le point G est-il la source du déclenchement des fluides féminins ? Sur 46 femmes interrogées uniquement sur cette question 24 répondent que non il n’y a pas de zone sexuelle privilégiée contre 22 qui répondent qu’il y a une zone sexuelle privilégiée. Ainsi le point G ne fait pas l’unanimité au sein des femmes. Combien même il y aurait une zone privilégiée pour faire « éjaculer » une femme, l’hypothèse selon laquelle le point G en serait la source ne tient pas, car certaines femmes découvrent ce plaisir que tardivement dans leur vie. En effet sur les 200 femmes interrogées, 194 ont répondu à la question : A quel âge avez-vous eu votre première inondation orgasmique ?  La moyenne d’âge de la découverte de l’orgasme « fontaine » ou « éjaculation » est de 29 ans. L’âge le plus avancé est de 55 ans. L’âge le plus jeune est de 13 ans. Ainsi dire que les femmes fontaines sont des femmes qui par la stimulation de leur point G éjaculent, revient à dire que ces femmes, avant ne savaient pas où était leur point G puisqu’elles n’éjaculaient pas… Pire ceci revient à dire que les femmes qui ne sont pas « fontaines » ne savent pas où se situe leur point G. Comme si la majorité des femmes étaient des ignorantes au sujet de leur anatomie et leurs partenaires des incapables puisque inaptes à les faire éjaculer. Si certaines femmes découvrent ce plaisir que tardivement dans leur vie, ce n’est donc pas, parce qu’avant, elles n’avaient pas trouvé leur fameux point G. Etre une femme fontaine c’est plus un état psychologique qui fait que votre corps se liquéfie. En quelque sorte c’est un stade de plaisir où vous ne contrôlez plus rien et laissez aller vos fluides. Plutôt qu’une pression technique sur le point G alias la prostate féminine. En attendant les livres, les ateliers, les DVD, les manuels sur le point G et les éjaculations féminines font vendre.

Une autre idée reçue doit être réfutée. Beaucoup se posent la question si les femmes fontaines ont subi un traumatisme sexuel, depuis que Frédérique Gruyer, psychanalyste se basant sur des témoignages de femmes, devenues femmes-fontaines à la suite d’un traumatisme sexuel, explique le phénomène des expulsions orgasmiques comme étant des décharges de ces affects. Un processus d’abréaction et d’évacuation du choc.  Sur 57 femmes fontaines qui ont répondu à la question : Avez-vous subi un traumatisme sexuel ? 17 femmes ont répondu Oui, contre 40 femmes qui ont répondu Non. Ainsi, on ne peut pas dire qu’une femme-fontaine est une femme qui a subi un traumatisme et dont l’écoulement de ses fluides en est la manifestation, inconscient ou non. 

Qu’est-ce qu’une femme fontaine ?

L’émission d’un fluide féminin pendant le coït est ancienne, rapportée par les textes tantriques comme par Hippocrate. Certaines femmes décrivent une émission particulièrement abondante de liquide, jaillissant en jet, lors de leur orgasme ou lors de plaisir tout simplement. Une femme fontaine est une femme qui se laisse aller à l’état de liquéfaction. Elle est ainsi sujette à une hyper-lubrification au niveau de ses parois vaginales ainsi qu’à une filtration intense au niveau des reins diluant ainsi les urines. C’est comme si elle coulait de tout son corps. Evidemment dire que les femmes « éjaculent » du liquide essentiellement prostatique est plus vendeur que d’admettre l’hypothèse que ce liquide pourrait être en partie des urines extrêmement diluées emportant sur leur passage les sécrétions de ces fameuses glandes prostatiques qui forment la prostate féminine. Pourtant cette dernière est l’hypothèse la plus vraisemblable. Votre médecin ne vous a-t-il jamais dit qu’il faut que vous alliez uriner après un rapport sexuel ? Mais vous n’avez pas envie d’uriner. Enfin si, presque, vous avez envie d’expulser  » quelque chose  » que vous pensez être de l’urine. 200 femmes ont été interrogées sur ce qu’elles ont pensé pendant et après leur premier orgasme « fontaine ».

Ainsi la plupart des femmes pensent d’abord qu’elles ont uriné. Il est donc normal pour la majorité des femmes de retenir ce liquide puisqu’elles pensent qu’elles vont uriner. Pourtant même si le liquide est certainement, principalement issu de la vessie, il ne sent pas, ni ne ressemble à de l’urine. 

A quoi peut bien servir ce liquide si on part du principe que tout dans le corps a une fonction ? Depuis que vous avez une vie sexuelle, vous êtes régulièrement sujette à des infections urinaires, à des cystites nuptiales ? D’après nos témoignages et les recherches scientifiques il semblerait que les infections urinaires soient plus rares chez une femme qui  » éjacule ». Pendant le rapport sexuel et pendant l’excitation les glandes prostatiques situées le long du canal urinaire sécrètent du liquide en quantité très minime, les urines extrêmement diluées par les reins auraient ainsi pour but d’évacuer ces sécrétions pour limiter le risque d’infection. La majorité des femmes n’en on pas conscience. Il y a alors : expulsion à l’extérieur du corps par le méat urinaire ou remontée vers la vessie. Ce qui expliquerait que beaucoup de femmes ont des infections urinaires. Paco Cabello, chercheur espagnol a étudié des échantillons d’urine de femmes avant et après une stimulation et excitation sexuelle. Les échantillons d’urine pré-orgasmique ne contiennent pas de PSA (prostatique spécifique antigène) Les échantillons d’urine post-orgasmique ont montré qu’ils contenaient du PSA. Dernièrement depuis septembre 2009 c’est le biologiste et neurogénéticien Sharon Moalem qui avance l’hypothèse que l’éjaculation féminine : a une fonction unique dans la production d’une sécrétion dans l’urètre et offre une protection contre les infections du tractus urinaire. Quoi de plus logique qu’une infection de ces glandes prostatiques si le canal urinaire n’est pas « nettoyé » après ou pendant le rapport sexuel. N’avez-vous jamais ressenti l’envie d’uriner pendant l’acte sexuel ou juste après que votre partenaire s’est retiré de votre vagin ? N’avez-vous pas l’impression parfois de retenir  » quelque chose  » ? Une femme fontaine a-t-elle moins d’infections urinaires ? Nous avons demandé aux femmes fontaines la fréquence de leurs infections urinaires avant d’être femme fontaine et la fréquence après être devenu femme-fontaine. 

Avant d’être une femme fontaine :

Après être devenue une femme fontaine :

Le taux d’infections urinaires est ainsi plus important pour les femmes qui ne sont pas fontaines. En effet avant d’être femme-fontaine seulement 85 femmes sur 173 des femmes n’avaient jamais d’infections urinaires contre 121 femmes après qu’elles sont devenues des femmes-fontaines. Ainsi 43 femmes après être devenue femme-fontaine n’ont plus eu d’infections urinaires. En outre les infections urinaires même si elles persistent, sont moins nombreuses chez ces mêmes femmes qui sont devenues femmes-fontaines. Plus que 2 femmes-fontaines sur 173 ont plus d’une infection urinaire par mois contre 17 femmes avant. La majorité des consultations gynécologiques sont liées à des problèmes d’infections urinaires n’y aurait-il pas matière à étude entre les sécrétions prostatiques et ces infections ?

Pourquoi quand on voit l’importance qu’impliquent les éjaculations féminines d’une part dans le plaisir sexuel féminin et d’autre part dans le rôle préventif des infections du tractus urinaire, n’y-a-t-il pas plus d’études scientifiques à grande échelle ? Parce qu’aujourd’hui la difficulté c’est que les standards de validation scientifique exigent un haut niveau de preuves, et donc de très gros budgets. L’industrie pharmaceutique est actuellement à l’origine de l’ensemble de la recherche médicale internationale. Elle laisse relativement libres les chercheurs, mais il faut que le sujet l’intéresse et puisse déboucher sur des avancées pharmacologiques et la mise sur le marché d’un nouveau médicament… Ce n’est pas tant que le problème est nié par les médecins, les gynécologues ou les urologues mais qu’il est laissé à l’abandon pour ces raisons. Les éjaculations féminines ne sont pas suffisamment étudiées pour des raisons d’intérêts financiers. Alors que cette étude concernerait la moitié de l’humanité que sont les femmes.

Afin de comprendre le fonctionnement de cet orgasme et de mieux en cerner les prémices pour pouvoir le sentir venir nous avons demandé aux femmes les sensations qu’elles ressentaient avant d’expulser le liquide. 

Certaines femmes ont apporté des précisions très intéressantes qui aident à cerner le sens de leur plaisir. Ci-dessous quelques extraits de leurs témoignages. 

« Intense, ambigu entre le plaisir et la brûlure, à la limite du supportable. »

« Sensation que quelque chose va éclater à l’intérieur et va provoquer un bien fou. »

« Sensation de bien être immense. »

« Clitoris et lèvres plus gonflés que d’habitude, toutes mes zones érogènes sont plus sensibles tremblements pré orgasmiques de tout le corps. »

« Envie forte d’uriner qu’on ne peut pas retenir ou très difficilement. »

« Relâchement des muscles dans le bas du corps. Se produit généralement avant l’orgasme et je peux perdre du liquide pour des heures si je suis continuellement stimulée. Sentiment de bien-être. »

« Sensation d’expulsion, une forte contraction vers l’extérieur, c’est une montée en puissance, je sens que l’éjaculation va venir, cela devient de plus en plus pressant, proche d’une envie d’uriner, mais en beaucoup plus fort et plus plaisant. »

« J’ai ressenti une violente envie d’uriner, je me suis retenue de toute mes forces, tout en refusant de ne pas avoir d’orgasme. Au final, l’orgasme semblable à un séisme interne à pointé le bout de son nez. »

« J’ai une impression que mon vagin est rempli, ça me crée comme une pression. J’ai besoin d’éjaculer pour soulager cette pression. »

« Pas vraiment les sensations telles qu’elles sont proposées dans la liste. Je dirais plutôt une modification à l’intérieur du vagin, une sorte de « bascule », comme si la morphologie interne se modifiait. »

« Il ne s’agit pas vraiment de fourmillement mais j’ai constaté presque à chaque fois que j’avais un début de crampe au mollet, pas très agréable d’ailleurs, du fait d’une contraction importante des muscles de mes jambes (cuisses et mollets). »

« Je sens comme une poussée, similaire à la poussée réflexe lors d’un accouchement. Tout mon corps se soulève et je sens une poussée du haut et de l’intérieur de mon corps vers le bas et l’extérieur, et c’est l’expulsion… »

« C’est comme  une sensation de picotement au niveau du clitoris, ensuite spasmodiquement des contractions à l’intérieur du vagin enfin arrivent le liquide par jet. » 

« Je viens de découvrir grâce à mon nouveau mari que je suis une femme fontaine, à son grand plaisir. Une sensation que je n’ai jamais ressentie jusqu’à présent, une jouissance très forte, qui monte de très loin. Pendant la jouissance fontaine je n’ai aucun contrôle sur mon corps ni sur mon esprit. »

« Je ne sens pas de gonflement à l’intérieur du vagin mais plutôt comme si les lèvres se gonflaient, comme une brûlure, et rapidement après l’éjaculation arrive simultanément avec l’orgasme. Il y a une semaine, pour la première fois l’éjaculation a été précédée d’une expulsion de mouille très abondante. L’orgasme est accompagné de cette « montée » de mouille mais là c’était très abondant. Mais je ne trouve pas que le plaisir soit plus intense avec ou sens fontaine… »

« Si je ne pense qu’à moi et à moi seule, c’est un relâchement, vous dites délivrance, oui, en quelque sorte. Ça se produit au même moment que l’orgasme donc il est difficile de différencier les sensations. Mon problème c’est que cela ne me plaît pas particulièrement de mouiller mes draps, je pense plutôt à l’aspect pratique qu’à autre chose, ce qui gâche probablement un grande partie du plaisir. Même si mon ami est ouvert, dé culpabilisateur, renseigné (autant que l’on puisse être renseigné sur le sujet) et curieux. Je dis dé culpabilisateur mais je ne culpabilise pas vraiment, je suis à la fois intriguée et « méfiante ». Je veux maîtriser la situation. »

« Envie d’uriner, sensation d’un endroit qui se remplit de liquide au niveau de la vessie et les muscles qui tremblent avant et encore plus après « l’éjaculation ». »

« C’est plutôt ma partenaire sexuelle qui me renseigne, en sentant son doigt « aspiré » ou « ventousé » (ce sont ses termes) à l’approche du jaillissement.
Moi, je ressens une densité, une ampleur de mon sexe, et une sorte d’explosion de jaillissement inexorable. »

Sensations ressenties pendant l’expulsion :

Nous avons également demandé aux femmes comment elles se sentaient après l’expulsion :

Des témoignages 

Les mots clés qui reviennent sans cesse pour parvenir à cet orgasme sont « Un lâcher prise » ainsi qu’ « un climat de confiance. »

« Je pense qu’il s’agit de la « façon dont s’y prend » mon partenaire pour me faire l’amour, ainsi que la stimulation du point G, et le lâcher prise est très important. Je suis une « femme fontaine » depuis que je suis avec mon fiancé avant lui je n’avais même pas connu l’orgasme. Avec lui ça ne s’est pas déclenché tout de suite, mais dès que j’ai pris confiance et lâché prise, alors là… Explosion  »

« Le jour de mes 25 ans, une belle gueule de bois et mon ami qui prend son temps pour me faire jouir au réveil avec un cunnilingus et qui met ses doigts un peu partout, qui farfouille, qui caresse et qui ne me lâche pas tant que je ne le supplie pas même si je l’arrose copieusement. Je suis amoureuse. »

« Dans mes rêves quand j’avais un rapport sexuel j’avais cette sensation de pré-orgasme on va dire jusqu’ au jour ou j’étais en vacances avec mon ami et j’étais un peu sous l’emprise de l’alcool on l’a fait et j’ai senti cette sensation de pré-orgasme qui s’est accentué jusqu’à la fin, et le lendemain mon ami me dit que le lit était un peu trempé et que j’avais beaucoup mouillé mais sans plus la discussion s’était arrêtée et la deuxième fois c’était chez nous quand j’ai éjaculé mon ami me l’a dit de suite et j’ai pensé aux femmes fontaines. »

« J’ai découvert l’éjaculation féminine en même temps que la sodomie. Dans le cadre de ma relation actuelle avec un partenaire sérieux, nous sommes très amoureux et passionnés, rapports sexuels explosifs, sensation d’une totale alchimie… Mes rapports avec lui ont décuplé mes sensations depuis le début de notre relation. Je n’avais jamais pratiqué la sodomie, lui si. Nous nous sommes lancés au bout de quelques mois car c’était une envie de ma part, j’étais donc en confiance, et excitée. Première pénétration anale: premier orgasme anal (multiple, mais c’est aussi le cas en vaginal): première éjaculation féminine.
J’avais déjà ressentie des envies d’uriner lors de rapports vaginaux ou lors de masturbation avec les doigts, donc je m’attendais à ce qu’un jour ça puisse arriver, j’ai donc identifié le phénomène. Depuis, chaque pénétration anale est accompagnée d’orgasmes et d’éjaculations. Je suis encore dans la découverte de cette pratique, mais je constate que tout est de plus en plus intense, et dernièrement j’ai éjaculé de grandes quantités. C’est cela qui m’a amené à douter de nouveau de la nature de cet éjaculat: avec de telles quantité, ruissellement le long des cuisses, impression d’avoir vraiment mouillé mon lit (la tache faisait quand même environ 25-30 cm de diamètre), je me suis demandé si après tout il ne s’agissait pas d’urine. »

« Un lâcher prise et une excitation au summum, mon conjoint voulait que nous nous lâchions chose vraiment réalisée à mon grand étonnement. »

« Un lâcher prise avec quelqu’un en qui j’ai confiance et qui est doué, plus vieux que moi et qui connaissait déjà ça et le point G. 
Très attentif à m’exciter longuement et à mon plaisir.
Au début j’ai simulé l’orgasme pour lui faire plaisir et je le lui ai dit, ça a été très douloureux pour lui et j’ai culpabilisé après nous sommes restés environ une semaine sans pouvoir faire l’amour. Et la fois suivante ça a été l’éjaculation féminine, j’étais contente surtout pour lui car mon plaisir était visible, pas de simulation possible! »

« Oui, une excitation particulière vu l’endroit insolite ou celui-ci c’est produit, c’était en pleine nature mais on aurait pu nous surprendre à chaque instant. »

« La première fois c’était une surprise, lorsqu’un mon partenaire a fait l’amour dans une position debout… il devait probablement me stimuler le clitoris (sans comprendre à l’époque). Lorsque j’ai eu un partenaire avec qui notre rapport était très compatible physiquement, j’ai vraiment pu y prendre plaisir et partager ce phénomène avec mon partenaire. Pour moi, je crois vraiment que c’est une question de compatibilité sexuelle et mon partenaire qui me permet d’avoir un lâché-prise. »

« J’ai eu un rapport avec un partenaire qui a su me faire plaisir réellement! C’était jouissif. Je crois qu’à partir de ce jour, j’ai su que je pouvais prendre plus de plaisir qu’auparavant, que c’était ça un vrai rapport sexuel. Je suis avec quelqu’un depuis 9 mois, plus on est à l’aise et plus on se laisse aller quand on fait l’amour et plus je prends du plaisir, donc plus j’inonde les draps. »

« Pourquoi est-ce arrivé ce soir la, j’en ai aucune idée. Ce partenaire était un inconnu, bel homme et excitant mais sinon rien de différent des autres relations sexuelles que j’avais eu jusqu’à se soir la. »

« Je pense que c’est un frottement contre la paroi de devant. La première fois j’étais dessus
la plupart des fois c’est mon partenaire qui se met à genoux et je soulève les hanches 
c’est un lâcher prise aussi, maintenant je suis plus à l’aise dans mon corps et mon esprit et mon partenaire est très ouvert et attentif c’est lié à la maturité, émotionnelle et sexuelle. »

« Confiance très forte dans le/la partenaire.
Pas de lâcher prise particulier qui pourrait être dû à un état de « vacances » ou « pompette » … cela arrive quand je suis dans un état « normal », pas particulièrement désinhibée. »

« Fort malaise la 1ère fois dû à une incompréhension du partenaire, du fait que je ne savais pas ce que c’était : jamais renouvelé avec ce partenaire là et ensuite j’ai appris à éviter l’éjaculation puis à la contrôler, donc pendant 15 ans et plusieurs partenaires homme. Je ne l’ai jamais « cherché » durant ces années non plus dans la masturbation et je l’ai là aussi évité. C’est lorsque j’ai compris que j’ai retenté l’expérience après en avoir d’abord parlé avec mon partenaire. Néanmoins, cela nécessitait une plus forte complexité de nos rapports puisque l’éjaculation nécessite pour moi une forte excitation et ne peut survenir pendant une pénétration : donc cela n’arrivait que rarement, généralement après le rapport en lui même, et seulement si l’envie était encore présente, avec une reprise des caresses uniquement sur moi. Les seules fois où cela a pu arriver avant la pénétration, cela a entrainé une sorte de baisse de la sensibilité vaginale pendant la pénétration du fait de la quantité de liquide. Pas facilement compatible avec un partenaire pour qui le rapport est considéré comme « fini » après une ou deux éjaculations masculines. Donc beaucoup de facteurs qui n’ont pas permis une fréquence des éjaculations. Généralement lorsque ces facteurs étaient réunis, une voire maximum deux éjaculations pouvaient survenir.
A noter aussi, la nécessité de forte confiance et de sentiment amoureux pour « oser » le faire lors de rapports sexuels. Actuellement, j’ai volontairement attendu 3 mois pour avoir un rapport avec éjaculation. A noter que depuis un an, je forme un couple homosexuel dans lequel j’ai trouvé la facilité de dire cette particularité et que j’ai pu y trouver une compréhension et une envie que je n’avais pas dans un couple hétérosexuel. Depuis, évidemment ce dialogue a permis que j’accepte complètement l’éjaculation dans nos rapports sexuels et celles-ci sont du coup très fréquentes et successives. 
Je crois que les hommes se font une image « pornographique » de la femme fontaine et le voit comme un « mythe » : c’est ce que l’on entend dans les conversations ou les « blagues ». Il m’est facile aujourd’hui d’en parler librement dans mon couple sans ressentir le côté « pornographique » ou « anormal » ou « expérimental » de cette particularité. Evidemment je n’ai jamais parlé du fait que j’étais une femme fontaine à personne : ni famille, ni personnel médical etc. Seuls deux partenaires le savent : mon ancien compagnon et ma partenaire actuelle. Cela reste pour moi un sujet hyper tabou et je ne serai pas capable d’en parler à quelqu’un d’autre de mon entourage. »

« Je pense que c’est la position qui a entrainé un certain plaisir. Plusieurs fois j étais sur le point d’avoir un orgasme, et j étais aussi probablement sur le point d’avoir une éjaculation, mais je me retirais, de peur de lui faire pipi dessus. Dans cette position la (lui sur moi, avec les jambes relevées sur ses épaules), je ne savais rien faire pour l’arrêter. »

« Ce jour-là, mon copain m’a dit: « T’es une femme fontaine! », il était content de découvrir cela je crois, et moi j’étais perplexe, je ne savais même pas ce que c’était. Aujourd’hui, je suis toujours avec cet homme et nous cultivons avec plaisir cet art de la fontaine. Contrairement à d’autres femmes fontaines qui ont honte de leurs éjaculations, je suis épanouie et assume complètement ce phénomène. »

« J’ai voulu devenir « fontaine » après avoir lu des témoignages sur les bienfaits de l’éjaculation féminine.  J’ai donc demandé à mon conjoint de stimuler à la fois mon point G et mon clitoris car auparavant, je sentais comme une gêne, une envie d’uriner mais je retenais. Et cette fois quand c’est devenu fort j’ai relâché. »

« Je pense que c’est en partie lié à un partenaire en qui j’ai toute confiance et un profond respect. Mais c’est également lié en une excitation intense et une envie de faire l’amour énorme quand je suis à son contact. »

 « Une excitation vis à vis d’une personne…. Une masturbation… Et voilà… depuis, quasiment à chaque rapport, je change les draps!!! Et j’adore faire autant de lessives!!!!!!!!!! »

« L’annonce de la maladie a été pour moi un soulagement… Depuis je me suis désinhibée 
j’ai osé explorer mon corps … et entrer dans les plaisirs. Mon vagin était pour moi un endroit inconnu. Ensuite j’ai eu envie de découvrir l’amour saphique …  je suis ravie d’aider les femmes qui me demandent de témoigner car beaucoup sont surprises de voir une femme pouvoir parler si ouvertement des plaisirs que le corps peut offrir le point G reste mal connu par les hommes tout autant que chez beaucoup de femmes alors l’éjaculation féminine n’en parlons pas !! »

« Mon histoire est la plus triste et la plus belle que j ai jamais vécu, ce qui a fait qu’un jour c’est le tout réuni : mes barrières levées, mes interdits bafoués, le partenaire pour qui mon attention est totale. »

« Un lâcher-prise inhabituel avec un partenaire avec qui j’aimais bien avoir des rapports. Une sensation que j’allais éclater, car je sentais mon vagin s’engorger. Une grande vague de chaleur m’a envahit jusqu’à mon vagin, suivit de mon éjaculation. Ça a été une libération, un soulagement, une plénitude. Mais aussi une honte vis à vis de mon partenaire. »

« Je pense que j’ai « ouvert la porte » parce que mon partenaire et moi nous nous connaissons vraiment et que je me sens en confiance comme jamais. D’autre part, depuis quelques temps, je me laisse aller plus facilement à l’évocation de ma sexualité. Je me laisse aller aux fantasmes, au désir comme au plaisir. Je n’ai plus peur que « ça sorte ». Parler avec mon partenaire de nos fantasmes, de notre manière de faire l’amour, se découvrir de plus en plus et de mieux en mieux est certainement ce qui m’a permis ce lâcher-prise. Et sa réaction la première fois m’a encouragée à ne pas avoir peur que ça recommence. Au contraire! »

« La première fois je pense était due à la morphologie particulière du sexe de mon partenaire qui excitait un point jusque là ignoré. J’ai l’impression que cela a réveillé ce point, c’est arrivé une autre fois avec un autre partenaire de passage. Je suis maintenant dans une relation stable avec un partenaire gérant parfaitement le phénomène, l’éjaculation est devenue presque systématique. »

« Je pense que c’est la rencontre de plusieurs facteurs: tout d’abord, je connaissais l’existence de l’éjaculation féminine et me doutais que cela m’arriverait; en effet, il m’était déjà arrivé par une simple et furtive pensée érotique, dans la rue, de sentir l’écoulement d’un peu de liquide qui n’était ni une lubrification vaginale, ni de l’urine. Mais pour ma première vraie éjaculation, j’entends par « vraie », le fait qu’elle a été abondante et consécutive à une stimulation sexuelle, elle est, je pense, le fruit d’une nouvelle relation sexuelle avec un nouveau partenaire qui partage le même goût que moi pour les plaisirs charnels et le jeu érotique. Je dois préciser que cette relation est très récente, et que même s’il y a de la complicité et de la confiance avec mon partenaire, nous n’en sommes qu’au début et on apprend encore à se connaître. Mes éjaculations me surprennent d’autant plus ! »

« C’était suite à une période d’abstinence inhabituelle. J’étais avec l’homme que j’aime depuis longtemps, en confiance, en amour, détendue, très fatiguée, prête à sombrer dans le sommeil. Il m’a caressée très longuement, très doucement, c’était très doux oui, tranquille, mais insistant. Il a alterné caresses vaginales au niveau du point G et frottements doux et réguliers sur le clitoris, et j’ai senti des sensations très fortes, inconnues, puis j’ai coulé… »

« Je n’avais pas fait l’amour avec mon compagnon depuis une semaine et j’avais un lumbago, je lui ai dit de faire doucement! Et après un bon quart d’heure, il m’a dit  » ton vagin est si serré que mon pénis ressort »! Et là c’est sorti quelques gouttes, puis on a recommencé et là à chaque fois je contractais mon vagin, et son pénis soit sortait soit était poussé vers l’extérieur. Il m’a fait un cuni par la suite, et là avec ses doigts et sa langue, deux fois de suite, c’est sorti par jets! Un truc de dingue, mon lit était inondé comme le matelas, mais mon compagnon m’a dit que cela l’excitait! Il m’a dit que cela n’avait pas d’odeur ni de gout! Ensuite nous avons refait l’amour, il a joui moi aussi! »

« Changement de partenaire et donc une stimulation différente qui m’a procuré une excitation importante.
Avant mes 42 ans je n’avais pas eu d’orgasme mais dès que j’ai eu mon premier orgasme j’ai eu une éjaculation et à présent c’est à chaque relation sexuelle. »

« Avec mon partenaire précédent, je pensais atteindre l’orgasme par cette sensation de chaleur et de bien être. Durant une période de céliba, j’ai voulu tester mon sex toy et sur les conseils d’une amie, me « lâcher » complètement. Etant seule dans mon lit, grâce au sex toy, .j’ai eu la surprise de ressentir des sensations encore plus fortes qu’avec mon ex partenaire lors de l’expulsion de ce liquide que je pensais être de l’urine. Je pensais alors que ceci n’était possible que lorsque je sollicitais seule mon clitoris…jusqu’a ce que je rencontre et ai des relations sexuelles avec mon compagnon. Au début je n’osais pas, je me retenais, et puis nous en avons discuté, il m’a beaucoup incité à me lâcher complètement et voila, depuis, presque à chaque fois que nous faisons l’amour, j’expulse ce liquide qui peut être l’équivalent de quelques gouttes comme de plusieurs verres d’eau! Et ce même si je vais aux toilettes juste avant… »

« C’est arrivé comme ça car mon partenaire avait décidé qu’il stimulait mon poing G et il ne lâchait pas. Je lui ai dit pendant des années d’arrêter de me stimuler ce poing car c’était trop long et je me fatiguais avant qu’il est réussi à provoquer quoi que ce soit mais il ne lâchait pas et revenait toujours à essayer. À un moment donné, j’avais pris du vin et j’étais plus réceptive et je me suis laissée aller et puis  un espèce de liquide assez abondant est sorti et j’étais toute mouillée et j’ai trouvé cela embêtant. Mon partenaire par contre était très content et il semblait très heureux d’avoir une partenaire qui est capable d’émettre ce genre de liquide et cela ne le gêne pas du tout. Depuis ce temps il réessaye souvent et je ne suis pas certaine que je veux à chaque fois car je ne prévois pas toujours de mettre une serviette. Quand je me masturbe avec un godemichet, je prévois le coup et je mets une serviette. Personnellement j’aime mieux un orgasme clitoridien car je trouve cela beaucoup plus long à atteindre ce genre d’orgasme et je n’ai pas toujours le goût de changer mes draps avec cette explosion mais cela fait vraiment plaisir à mon partenaire. Il se sent privilégié d’avoir la main… J’avais 50 ans quand cela m’est arrivé et je venais de commencer à sortir avec lui. Aujourd’hui j’en ai 57 ans et j’ai toujours le même partenaire et il est très patient et adore prendre soin de moi. »

« Le rôle du partenaire est chez moi primordial. Et, si je sens qu’on attend de moi de la performance. Alors je ne fonctionne plus. Il doit y avoir de l’amour. Et, de l’amour fort et sincère. »

« Un lâcher-prise inhabituel. Aujourd’hui je vois la vie différemment que lors de ma première éjaculation. J’ai mûri et je prends la vie avec plus de philosophie. On peut dire que je me suis relaxée et que je suis passée d’une amante du contrôle à une amante tout court, ce qui facilite mes éjaculations. Suite à mes premières éjaculations avec mon partenaire, j’ai eu une longue période de ‘froid’. J’étais incapable de faire l’amour, l’idée juste me répugnait un peu. Je n’y parvenais pas même si j’aimais mon homme. Ses envies m’irritaient je voulais juste dormir tranquille, même les caresses m’ennuyaient. D’ailleurs c’est une des raisons clé pour laquelle je ne pouvais plus être avec lui. » 

« Un nouvel amour, un homme qui sait s’occuper d’une femme, qui ne pense qu’à lui faire un plaisir immense! Quel découverte et bonheur pour nous deux. Depuis c’est encore plus fort! »

« Je n’avais pas beaucoup de rapport avec mon mari. Il n’aimait pas la relation intime. Un jour, c’était plus fort que moi, mon corps a réclamé un peu de plaisir solitaire, et tout d’un coup un jet est sorti, j’ai eu très peur. J’étais enceinte et j’ai été à la clinique mais je n’ai rien dit de la masturbation. J’ai juste demandé si j’avais percé la poche des eaux. »

« Un jour, à 25 ans, j’ai découvert que je n’avais jamais eu d’orgasme après que mon nouveau compagnon me demande : As-tu déjà eu un orgasme ? Je ne sais pas… Si tu ne sais pas, alors c’est que tu n’en a jamais eu !
Et j’ai compris, puis recherché cet orgasme… que j’ai rapidement trouvé seule et le lendemain je découvrais la cerise sur le gâteau : la fontaine. J’étais très contente, très excitée mais en fait, je ne sais pas pourquoi, j’ai eu un peu peur, je me suis sentie gênée et j’ai appris à maîtriser, inhiber, rejeter cette fontaine sans en parler à personne. Il y peu de temps, je ne sais pas pourquoi (je suis maman d’un enfant de 10 mois maintenant) peut-être que pour renouer avec notre sexualité je voulais en parler, je ne sais pas. Mon ami m’a dit je j’avais été stupide de n’avoir rien dit, que c’était super, qu’il aimerait voir ça dans sa vie, que c’est une chance… Le fait est que le lendemain, cela se reproduisait, ma tête avait débloqué le mécanisme, je ne sais pas. Et maintenant donc, je n’essaie plus de lutter contre mais je pense encore à mes draps mouillés et ça me bloque. Mon « objectif » est de continuer à découvrir mon corps, pourquoi, comment… »

« Premièrement  j’avais d’abord comme des envies d’uriner mais quand j’allais aux toilettes je n’avais plus envie puis j’en ai parlé à mon partenaire qui m’a mise en confiance de là on a commencé à tester plusieurs façons de me donner un orgasme tout en essayant de me décontracter  mais cela n’est pas arrivé tout de suite cela a été le résultat d’un « entrainement ». »

« Un ensemble d’excitation sexuelle, du partenaire qui sait toucher les endroits sensibles et déclencheurs mais aussi et dernier verrou un lâcher-prise. Dépassement du sentiment de gêne grâce au partenaire qui connaît ce phénomène. »

« J’en avais entendu parler et fait l’amour avec cette amie… Elle m’avait dit aussi qu’on ressentait comme une envie d’uriner, mais que si on lâchait tout, on éjaculait. Plus tard, j’ai fait l’amour avec un ami. Une stimulation longue, affolante, à me sentir tendue comme une corde, du clitoris. Alors je lui ai fait comprendre de mettre son autre main sous mes fesses et un doigt dans mon vagin, et là en moins d’une minute, je jaillissais, sans vraiment l’avoir prévu ni attendu ni rien. Cependant il est possible que j’ai lâché prise vis à vis d’une sensation d’envie d’uriner grâce à ce que m’avait dit mon amie, qui a fait que cela a été possible.
Cela m’a vraiment prise au dépourvu, mais j’étais très contente de ce cadeau. Par ailleurs, je n’ai pas eu d’orgasme satisfaisant cette fois là car nous avons été dérangés juste après/pendant le jaillissement… C’est vrai qu’à chaque fois, quand orgasme et jaillissement sont liés, alors le jaillissement arrive alors que l’orgasme est en phase de montée, et le plus fort de l’orgasme arrive quand le jaillissement est fini… mais parfois, il y a un peu de détente, l’orgasme s’apaise, et un jaillissement peut revenir, puis à nouveau un orgasme, bref, on est sur le plateau… sensation de me répandre…. 

« Une nuit d’avril 2009 le garçon avec qui je sors me réveille. Il a envie de moi. J’ai du coup envie de lui. L’acte sexuel avec pénétration dure mais je n’ai pas d’orgasme. J’étais en colère qu’il m’est réveillée pour ça. Je lui ai demandé s’il avait conscience que j’avais servie de support à son éjaculation. Puis j’ai compris que ce n’était pas de sa faute. J’étais égoïste. Puisque je n’y arrivais pas avec des hommes il fallait que je le découvre seul. D’abord pour en comprendre le fonctionnement et ensuite pour pouvoir jouir avec mes partenaires. Comment parvenir à avoir un orgasme vaginal avec quelqu’un si je n’en connais pas le fonctionnement. C’était à moi de découvrir ça, c’était mon corps donc c’était à moi d’en comprendre, la première, le fonctionnement. Le lendemain j’ai acheté mon premier sex-toy sur internet. J’avais décidé d’en finir avec les orgasmes clitoridiens je voulais découvrir l’orgasme vaginal. Une semaine plus tard mon colis est arrivé. J’avais acheté un dildo de taille moyenne. Aussitôt je me mets à l’aise dans mon lit et je commence à me masturber. Je stimule mon clitoris pendant environ 20 minutes. Je ne jouis pas. J’ai du mal à jouir. Mais je mouille tout de même. Je décide donc d’aller plus loin et je commence à insérer le dildo. Pendant un moment je me suis demandée si ce que je faisais était bien. Je m’étais toujours masturbée même quand j’étais en couple, mais c’était uniquement des masturbations clitoridiennes. Et là le fait que je me donne du plaisir à l’intérieur de mon sexe avec autre chose qu’un pénis d’homme m’a bloquée. Ça m’a bloquée deux secondes car j’ai vite réalisé que ces sentiments de honte et de culpabilité n’avaient pas lieu d’être. J’avais du plaisir mais pas d’orgasme vaginal. Mais ça ne m’importait pas car je prenais beaucoup de plaisir à découvrir l’intérieur de mon vagin toute seule. Je me suis demandée à plusieurs reprises pourquoi je ne l’avais pas fait avant. Je mouillais beaucoup. Mes fesses étaient trempées. Mes cuisses également. J’étais étonnée d’ailleurs par cette hyper-lubrification. D’habitude je ne mouille pas autant. 

Puis à un moment j’ai senti que je voulais uriner. J’avais tellement de plaisir que  je ne voulais pas me lever pour aller aux toilettes. J’ai continué alors les mouvements de va et vient du dildo dans mon sexe. Je me retenais d’uriner. Mon sexe gonflait de plus en plus. Je me suis dis que je ne pourrai pas retenir encore longtemps mes urines car ça commençait à me faire mal. Dans le sens où c’est un plaisir énorme mais intenable. Alors j’ai à peine eu le temps de retirer le dildo de mon sexe que j’ai uriné sans le vouloir un long jet. Je n’avais jamais uriné avec autant de plaisir avant. Un vrai orgasme de l’urètre je me suis dit. Je nettoierai mon  lit plus tard.

Je me suis remise à mon travail de recherche d’orgasme vaginal. J’ai donc repris le mouvement de va et vient du dildo dans mon sexe. A peine une minute après l’avoir réintroduit dans mon sexe j’avais encore envie d’uriner et plus fortement cette fois là ! Tampis pour le lit à défaut d’avoir un orgasme vaginal je prenais mon pied en urinant dans mes draps. J’étais dans un état second, je planais totalement. Je n’en revenais pas de la quantité d’urine que je déversais. J’ai continué. A la troisième envie d’uriner tout aussi forte que les deux précédentes, je me suis posée des questions. Je n’avais pas bu autant d’eau de la journée pour pisser tout ça. Impossible. Tout en réfléchissant je continuais le mouvement. Je n’ai pas compté le nombre de fois où mon sexe a expulsé du liquide. Par moment je ne pouvais même plus insérer le dildo tellement mon sexe était gonflé. J’ai continué à me déverser par jets parfois courts et parfois longs. Pendant plus d’un quart d’heure. Jusqu’à ce que mes questions prennent le dessus sur mon plaisir. J’ai donc arrêté. Et là ça a été un choque. Oui un choque. Quand je me suis mise debout j’ai déversé un jet très abondant et très long sur la durée. Et c’est en regardant la flaque sur le parquet blanc de ma chambre que j’ai trouvé que ça ne ressemblait pas à de  l’urine, ni même que ça sentait l’urine.

Pendant que j’insérais le dildo je sentais comme un gonflement à l’intérieur de mon sexe. Je  retenais le liquide puis j’ai lâché tous mes muscles parce que je ne contrôlais plus le gonflement. 

J’ai compris tout de suite que je devais avoir un rapport avec les femmes fontaines. Que je connaissais comme ça de nom. Mais je pensais qu’elles n’étaient qu’une minorité. Jamais ça ne m’arriverait ce genre de truc. Je suis normale. Les femmes fontaines sont une spécificité de la nature. Voilà ce que je pensais. J’étais sous le choque. J’avais honte. Je ne comprenais pas. Je refusais d’admettre que j’étais une femme fontaine. Je trouvais ça dégueulasse. Car je rattachais les femmes fontaines à la pornographie.  Puis j’ai regardé mes eaux. J’ai senti mon lit. Ça ne sentait pas l’urine. J’ai trouvé mes eaux belles. Je n’en revenais pas. Mon lit était trempé il y avait une énorme auréole. Le matelas était trempé. Le sommier était imbibé aussi du liquide. D’où venait toute cette eau ? Il me fallait des réponses et vite. Parmi les sites pornographiques j’ai trouvé femmefontaine.org et la première phrase que j’ai lu fut : » pour que la nature triomphe voici un site avec tous les conseils nécessaires pour découvrir la femme fontaine qui sommeille en vous » le déclic commençait dans ma tête. J’ai lu beaucoup de commentaires de femmes laissées sur ce site. J’étais rassurée. Je n’étais pas seule. D’autres femmes avaient découvert ça par surprise. D’autres femmes en avaient eu honte comme moi. J’étais normale. Je suis femme fontaine. J’éjacule. A ce moment quand je me suis dit  » j’éjacule  »  » les femmes éjaculent  » dans mon cerveau ça a été un déclic total. Ma vision de la femme a complètement mutée. Des femmes éjaculent ! C’est génial pourquoi je ne l’ai pas su avant ! ? Un sentiment de toute puissance m’a envahi. Les femmes éjaculent ! C’était la nouvelle du siècle pour moi. Plus important que tout le reste ! J’ai passé la soirée à lire les commentaires de ce site. Je n’ai pas dormi. Le lendemain je travaillais. Ma vision du monde avait complètement changé. Je n’étais plus dans un monde d’hommes. Je regardais mes collègues femmes différemment. Je me sentais totalement l’égale de l’homme. J’étais euphorique. Heureuse. Jouissive en permanence. J’ai passé la semaine dans un état d’euphorie permanent

J’en ai parlé à mes copines. Elles étaient sidérées du fait que j’étais une femme fontaine. Je leur ai dit que toutes les femmes peuvent l’être. Elles ne voulaient pas connaître ça. Je ne comprenais pas pourquoi. Elles étaient contentes pour moi mais c’est tout. Je me souviens en avoir parlé à M. que je connais depuis le CM2. Sa réaction m’a interloquée. Elle m’a dit qu’elle n’avait pas besoin de ça. Que son copain la satisfaisait pleinement. Je lui ai dit que c’était juste un autre type d’orgasme mais super fort et jouissif et illimité. J’en ai parlé à C. ma meilleure amie. On se connaît depuis 3 ans mais elle sait tout de moi et je sais tout d’elle. Nous parlons de sexualité ouvertement sans tabou. Sa réaction a été très positive. Elle n’a pas trouvé ça répugnant mais elle ne voulait pas connaître ça ou plus tard, mais là pour le moment elle était bien dans sa vie sexuelle sans éjaculer. J’ai compris alors que pour beaucoup de femmes le simple fait de dire  » les femmes éjaculent  » n’a pas de sens. Ce sont des mots qui ne s’accordent pas. Dans leur tête ça ne fait pas sens. Pourquoi ? Parce qu’elles ne l’avaient pas vécu. Et surtout parce que dans la conscience collective une femme n’éjacule pas.

Puis 4mois plus tard j’ai eu envie de tout savoir sur les éjaculations féminines. Mais là au fur et à mesure que je cherchais des informations sérieuses, scientifiques, des références dans les arts et dans les medias je suis allée de consternations en consternations.

J’ai d’abord été voir mon médecin traitant. J’allais souvent le voir pour des infections urinaires. J’ai toujours eu des infections urinaires douloureuses depuis que j’avais une vie sexuelle.  J’avais des infections tous les quinze jours. Parfois cela me réveillait en pleine nuit. J’allais aux toilettes mais je n’arrivais pas à uriner autant que je voulais. Depuis que j’éjaculais les infections étaient beaucoup plus rares. Je n’ai réalisé ça que plusieurs mois après. Je lui ai demandé qu’il m’explique ce que sont les femmes fontaines et si le fait d’éjaculer avait un lien avec la baisse presque incroyable de mes infections urinaires. Sa réponse m’a consternée. Pour lui les femmes fontaines sont des femmes avec une hyper-lubrification vaginale. Je lui ai dit que je savais discerner la lubrification vaginale abondante et les jets que j’expulsais qui n’étaient pas de l’urine ni, de la lubrification vaginales. Il conclu la conversation en me disant que parfois l’hyper-lubrification vaginales peut donner l’impression de jet tellement le liquide est abondant. Je n’en revenais pas de sa réponse. Je me suis dit qu’il ne connaissait pas les femmes fontaines et qu’il n’était pas gynécologue. 
Ma gynécologue m’a dit que c’était lié à la modification des muqueuses, des organes génitaux au moment du rapport qui chez les femmes peut faire vraiment d’un seul coup un afflux de liquide. « Au niveau de la muqueuse il y a un intérieur et un extérieur et c’est vrai que d’un seul coup, au moment du rapport il y a transsudation. C’est  à dire  que le liquide qui est dans les cellules normalement, sort, afflux vers l’extérieur. Donc ça à part les transformations un petit peu hormonales au moment du rapport il n’y a pas d’autres explications. » Je lui parle de la prostate féminine qui existe bel et bien. Elle me répond « Oui voilà, je pense que c’est une imprégnation qui se fait différemment au niveau des hormones chez telle ou telle femme qui chez certaines peut provoquer un afflux abondant. Nous continuons brièvement la conversation sur le fait qu’il y a peu de recherches scientifiques là-dessus.

Dans le petit Larousse de la sexualité, Larousse 2007, vous trouvez entre l’article Femme fatale et l’article Femme objet, l’article Femme fontaine. J’avais une définition synthétique et claire mais je ne m’y retrouvais pas totalement. Pas mal de points de cette définition ne correspondaient pas à ce que je vivais lors de mes orgasmes et aux témoignages que j’avais lus. Par ailleurs j’ai rencontré par la suite le Docteur qui avait rédigé cet article et à ma grande surprise il m’a avoué n’avoir jamais rencontré de femme fontaine. Dans quel monde vivons-nous ? J’ai donc décidé de me procurer des livres traitant uniquement du sujet. J’en ai trouvé deux en français. Déborah Sundahl Le point G et l’éjaculation féminine, et celui de Frédérique Gruyer, Ce paradis trop violent autour des femmes fontaines, datant celui-ci de 1984. Les articles scientifiques concernant les éjaculations féminines et la prostate sont tous en anglais. Toutefois on peut se procurer facilement un extrait du rapport des recherches de M. Ziaviacic présentées au 15e World Congress of Sexology, Paris juin 2001.  J’ai également lu et traduit des articles que je commandais à l’INIST CNRS. Je voulais de plus en plus de réponses. 

Bien que Déborah Sundahl soit présentée en France comme étant une militante lesbiennes dont le livre est destiné à enseigner à chaque femme comment stimuler soi même son point G pour obtenir une éjaculation. J’ai décidé de lui poser mes questions. J’avais besoin de réponses sur le fonctionnement de mon corps. Mais même Deborah Sundahl ne pouvait pas me confirmer la provenance des éjaculations féminines parce que ceci n’a pas été étudié suffisamment. Elle défend l’idée que tout le liquide est issu de la prostate féminine, ce qui paraît impossible pour les médecins et moi –même. Quant à Frédérique Gruyer elle défend un tout autre point de vu. Se basant sur des témoignages de femmes, devenues femmes-fontaines à la suite d’un traumatisme sexuel, F. Gruyer explique le phénomène des expulsions orgasmiques comme étant des décharges de ces affects. Un processus d’abréaction et d’évacuation du choc. Hypothèse avec laquelle je n’étais pas d’accord une fois de plus. 

C’est ainsi qu’après des mois de recherches, de lectures et d’interrogations sur l’organe génital féminin. J’ai fini par avoir des débuts de réponses à mes orgasmes fontaines. Personne aujourd’hui encore ne peut expliquer le fonctionnement complet de mon organe sexuel féminin, de l’organe sexuel de milliards de femmes. En 2012 n’est-ce pas aberrant ? Que ceci n’est jamais été étudié à grande échelle ? Laissant les femmes concernées avec pour unique source la pornographie. Partant du principe que j’aurai aimé trouver ce type de livre quand juste après avoir orgasmé fontaine j’étais choquée, et que toute ma raison d’être une femme était remise en cause. Forcément d’autres femmes allaient découvrir ça un jour et avoir les mêmes questions. Je ne veux pas que d’autres femmes renoncent à se renseigner faute de moyens financiers et de temps. Alors tout ce que j’ai cherché pour moi je le mets à disposition. J’ai ressenti ça comme un devoir. Plus je cherchais plus j’étais consternée mais des fois je trouvais et dans ces moments rares je pensais aux autres femmes et hommes. 

Par Camille

En 2010, j'étais une blogueuse Française de 23 ans, curieuse de comprendre et motivée. J'ai élaboré une des première enquête en ligne auprès de 200 femmes fontaines et obtenu des résultats qualitatifs. Le livre obtenu n'a jamais trouvé d'éditeur mais l'enquête a circulé dans le milieu de la sexologie française. L'enquête est un chapitre dans l'ouvrage du Dr Desvaux et du Dr Salama "Femmes Fontaines et éjaculations féminines, mythes et controverse". Aujourd'hui je m'y remets quand je trouve le temps entre mon métier d'enseignant et mes enfants... Je ne me considère pas comme spécialiste mais comme éclairée sur certains points de la sexualité des femmes. Bonne lecture à toutes et tous.

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